Nous sommes tellement plus qu’un

miroir_grandissant



UK flag pastel

Le dernier texte que j’ai écrit ici racontait en quoi des commentaires sexistes (qu’on peut résumer par « femme au volant, mort au tournant ») entendus pendant toute mon enfance puis mon adolescence ont pu contribuer au fait que même ayant le permis aujourd’hui, je n’arrive pas à conduire. Et que mon père avait contribué à ancrer en moi ces discours. Donc c’est bon, la question est réglée ? Le portrait de mon père, son influence dans ma vie, s’arrêtent à ces refrains insupportables ? Quelque part, j’aimerais bien : j’aurais pu le haïr en paix. Dire : voilà, tu veux que j’ai une vie de merde, toute ma vie tu m’as coupé les ailes, à cause de toi j’ai tout foiré, je coupe les ponts.

Sauf qu’évidemment, comme souvent dans les familles, la réalité est bien plus complexe. Et, attention divulgâchage, dans mon cas, elle a été mille fois mieux que ça.


C’est maintenant l’une de mes obsessions principales, et je sais très bien d’où elle vient. Je guette, je questionne, je tente de comprendre les contradictions des uns et des autres. Les failles qu’il y a dans des certitudes apparemment absolues, les gros morceaux de pas sûr dans des mécaniques bien huilées. Parce que dans le cas de mon père, c’était des contradictions d’un niveau que je n’aurais pas crues moi-même si je n’en avais pas été plus que le témoin, la destinatrice.

Certes, mon père, de manière assez littérale, m’a barré la route, et ça me fait encore aujourd’hui un mal de chien de me souvenir de ça, de l’évoquer. Hors de question pour moi, pour autant, d’enterrer ça « par respect ». Je ne respecterai pas plus mon père en lui inventant une espèce de comportement ultra-progressiste qu’il n’avait pas. Hors de question de me taire aussi, parce que pendant des années c’est moi qui ai eu honte de ça. Alors la honte, la sienne comme la mienne, on en a discuté entre nous, on est parvenus à un terrain d’entente, et basta. Seulement, et c’est cette contradiction qui me rendait dingue, si mon père m’a barré la route sur ce point-là, il n’y a pas un pas que j’ai fait dans ma vie, pas un objectif que j’aie atteint sans qu’il y soit pour quelque chose.

Ça m’a toujours fascinée. Comment mon père, qui me décourageait activement de conduire, pouvait dire en même temps que l’évidence, c’était de faire, en tant que femme, ce qu’on souhaitait, au même titre qu’un homme. Confusion. Mon père qui me disait sur un ton d’égale évidence que je ne devais compter sur aucun homme pour arriver là où je voulais, et que je pouvais tout faire. Absolument tout. Mon père, qui m’encourageait à trouver un boulot que j’aime, que ce soit parce qu’il me passionne ou parce qu’il paie les factures. Mon père qui me disait : « quoi que tu veuilles devenir, tu le deviendras et je serais fier de toi. » Vraiment gamine, il m’expliquait son boulot (technicien de maintenance), en me disant non pas seulement que je pouvais le faire, mais que je pourrais faire mieux que lui ; que je pourrais devenir ingénieure, chercheuse, comprendre des choses qu’il ne comprenait pas. Mon père qui me trouvait intelligente, et qui, mieux que ça, me le disait. Et l’absolue certitude qu’il m’avait permis d’acquérir que je pourrais être docteure, chirurgienne, avocate, professeure, libraire, bibliothécaire, astronaute (non, je ne plaisante pas), océanographe (je ne plaisante toujours pas)… Et si vous pensez que c’est là une histoire d’ascenseur social, d’un père qui rêve que sa gamine gagne des échelons, je vous arrête immédiatement : mon père se foutait de ça, mais alors d’une force… J’ai eu cette chance inouïe (que je préférerais banale) de grandir dans une famille où mes parents, car là c’est bien mon père comme ma mère qui l’ont toujours fait, m’ont dit qu’il serait toujours fiers de moi, quels que soient mon poste, ma position sociale ou mon salaire (ou mon non salaire, d’ailleurs, car ils me le disaient, ils seraient fiers aussi. Ma mère a été chômeuse de longue durée et mon père avait exactement le même respect pour elle et pour ses journées). La seule chose qui comptait pour eux, c’est que je sois satisfaite. Mon père comme ma mère ont toujours dit avec la même fierté à leur entourage : « en ce moment ma fille fait son doctorat » et « en ce moment ma fille travaille au rayon fromage à la coupe à Super U », « en ce moment ma fille est femme de ménage » (désolée, dans ma famille on ne disait franchement pas « personnel d’entretien »), « en ce moment ma fille galère à trouver un poste permanent ». Qu’est-ce que je pouvais vouloir de mieux ? Ah mais rien, et je vous rassure, là-dessus je ne voulais rien de mieux.

Mais de manière plus significative, un jour j’ai quand même abordé la question avec mon père : « c’est marrant que pour toi, le fait que je travaille et que j’aie une indépendance financière et sociale t’ait toujours apparue évidente. » Comme n’importe quel convaincu, il ne comprenait même pas de quoi je parlais. J’ai donc développé, expliqué qu’il ne m’avait jamais encouragée à me reposer sur le revenu d’un potentiel mari (il était évident que je serais hétéro, poussez pas, quand même). Pire : il m’avait même explicitement dit des phrases du genre : « si tu peux ne pas dépendre d’un homme, alors ne dépend pas d’un homme ! » « Fais passer ta vie avant celle de ton mari. Tu es toi, reste-le. » « Sois claire sur ce que tu veux faire, tu as le droit d’être ambitieuse. » « Si ton mari se sent mal juste parce que tu gagnes plus que lui, c’est lui qui a 100% tort, pas toi. » « Ne laisse jamais ton mari t’interdire de faire ce que tu veux. » « Un homme n’a pas à décider pour toi, etc. » Je veux dire, c’est quand même pas tellement le truc qu’on dit à une ado de treize ans, généralement, si ? Et donc il m’a expliqué. Expliqué à quel point la pression serait forte, parce que j’étais une femme, et qu’il avait bien été obligé de remarquer à quel point c’était présent autour de lui. Et qu’il voulait être sûr de faire tout ce qu’il pouvait pour que je sois absolument convaincue de ma propre valeur. Evidemment, c’est ça qui a commencé à fissurer tout le discours sur les femmes au volant, mais c’est une autre histoire, que je ne peux pas résumer ici en deux phrases.

D’un autre côté, le fait que ma mère se soit arrêtée de travailler à l’extérieur pour nous, leurs trois enfants, m’interpellait. « Qu’est-ce que tu fais de ça ? », je lui demandais. Parce qu’avant ma mère travaillait comme opératrice de saisie, et qu’elle aimait ça. C’est là qu’on a parlé des conversations qu’ils avaient eus, elle et lui, celles qu’ont des milliers de parents tous les jours car garder des enfants coûterait quasiment leur salaire, sinon plus (c’est clairement le cas en Angleterre, où je réside actuellement). Il a fallu faire un choix. Evidemment que la tradition et la pression sociale ont joué. Mon père m’a souvent répété qu’il aurait aimé être père au foyer. Mais qu’il n’aurait pas supporté pas l’image qu’il se serait renvoyé lui-même : un homme qui ne survient pas directement aux besoins de sa famille. J’avais beau objecter « mais il n’y a pas que les besoins financiers, il y a les besoins émotionnels, aussi, tu en fais quoi ? », la réponse était toujours la même : oui, mais il ne se serait pas senti légitime. Bien sûr qu’on parlait alors de patriarcat. Bien sûr que mon père a fait partie, parmi les hommes à qui j’ai parlé, des premiers à comprendre que c’est pour ça que le féminisme libérait tout autant les femmes que les hommes. Que c’était un mouvement pour tout réinventer.

Ce contexte a du moins fait que mon père n’a jamais fait partie de ces gens qui pensent qu’une mère au foyer « ne fout rien de ses journées ». Il a pu dire des trucs sexistes dans sa vie, mais ça, jamais, en tout cas pas que j’aie entendu. Bien sûr qu’être femme au foyer était pour lui un métier, et un métier honorable, injustement méprisé. Il ne le romançait pas pour autant, type : « c’est le métier le plus beau pour une femme. » C’est ça, que j’ai aimé dans les encouragements professionnels de mon père : devenir femme au foyer, mère au foyer, si c’était mon souhait, lui paraissait tout aussi louable que d’être à la chaîne à l’usine ou neurochirurgienne. Ni plus, ni moins.

Comment une idéologie sexiste peut tenir là-dessus ? Comment était-il possible d’entendre les plus gros clichés machistes, suivi dix minutes après d’encouragements explicites à toujours être ce que je voulais être ? Parce qu’il ne s’agissait pas que de bosser. Mon père m’a répété tellement de phrases qui m’ont rendue plus forte : « Tu t’habilles comme tu veux, si les mecs sont pas contents ils n’ont qu’à regarder ailleurs ! » « Comment ça honte de ton corps ? Par rapport au regard de qui, des hommes ? Mais laisse tomber va, et crois pas que tu leur dois quelque chose ! » « Personne a le droit de te toucher si tu ne veux pas, parle-moi, je te croirai et te défendrai toujours » « Si ce gars-là te rabaisse, c’est parce qu’il a lui-même un complexe d’infériorité, bile-toi pas, va, ça fait pitié un homme qui a besoin de ça ». Toutes mes ambitions, comme celle d’être un jour écrivaine, il les a plus que respectées, il m’a permis d’y croire. Il me disait : « oui, un jour tu seras écrivaine. » Il ne m’a pas dit : « oh mais tu sais c’est très très dur… » Il savait que l’ensemble des circonstances socio-économiques se chargeraient de me le montrer. Lui, il me portait, le plus loin possible au-dessus du découragement, et des fois, j’en ai oublié les difficultés. Mes études en sont un bon exemple. Je n’ai jamais douté, pas une seule fois, que mes parents m’aideraient pour ça, qu’ils me donneraient exactement la même chance qu’à mes frères. Je n’ai jamais douté de mon droit à l’éducation.


Bref, tout ça pour dire que la vie se fout drôlement de notre gueule. Qu’on peut avoir un père patriarcal et féministe-en-développement. Je l’ai dit ailleurs, mon père m’a rendue féministe deux fois : la première fois, en faisant malheureusement partie de ces sexistes qui m’ont traitée de manière injuste, et ont suscité en moi suffisamment de colère pour une vie entière. La deuxième fois, en me donnant toute la force, la confiance et les outils dont j’avais besoin pour envoyer le patriarcat se faire foutre.

Beaucoup de ses contradictions en ce domaine venaient comme on peut s’y attendre du « sexisme des bonnes intentions ». J’y reviendrai. Car on y est revenu souvent, lui et moi, justement. Mais là où je serais claire, c’est que mon père a été un allié déterminant dans ma vie, toujours présent au bout du compte devant chaque barrière que j’aie envoyée valser. Egoïstement, c’est aussi pour ça qu’il me manque. Parce que j’avais son soutien indestructible, et que chaque fois que je m’effondrais de fatigue, il faisait mieux que de me relever : il attendait, patiemment, à mes côtés, jusqu’à ce que je me remette debout toute seule. Et il me disait : « On se remet à marcher quand tu veux. Pour qu’on puisse avancer ensemble. »


We’re so much more than one

The last text I’ve written here was about sexist comments – which can be summed up as ‘Female driver, constant danger’. About how having heard them throughout my childhood and my teenage years may have contributed to the fact that even though I got a driving license today, I’m still unable to drive. This last text was about my dad being among those who anchored those ideas deep inside me. So that’s it, are we done yet? The portrait of my dad, his influence on me, they’re all contained within this unbearable old tune? Somehow, I sort of wish there were. That way, I could have hated him in peace. I could have said: you want my life to be a shitty one, all my life you’ve held my down and because of you I’ve ruined it all, I don’t want to see you anymore.

Except that like in many families, reality is a lot more complex. Spoiler alert: in my case, it’s been a lot better than this.


It’s now one of my main obsessions, and I have no doubt where it’s coming from. I look out for clues, I ask questions, I try to understand people’s contradictions. The loopholes in their apparently perfect internal laws, the big chunks of not-so-sure in their well-oiled machines. Because in my dad’s case, we’re talking about contradictions I wouldn’t have believed possible if I hadn’t been more than a witness: their recipient.

Sure my dad, quite literally, stood in my way – still to this day it’s painful as fuck to remember it, to talk about it. But I cannot stand the idea of burying it down ‘out of respect’. I wouldn’t show my dad any more respect by making up some sort of hyper-liberal attitude he never had. I cannot stand either the idea of my shutting up about it, because during many years I’ve been the one ashamed of it all. So his shame, my shame, we talked about it, the both of us, and we reached some kind of agreement. Basta. However, this one contradiction drove me mad: while my dad did stand in my way, there’s not a single step I made, not a single goal I achieved, in which he hadn’t played a huge part.

It baffled me. How my dad, who so actively discouraged me from driving, would say with the same assertiveness that ‘it’s obvious, women should do what they want to do, just as men do.’ I was so confused, hearing my dad say, still with the same assertiveness, that I shouldn’t count on any man to get where I wanted to get, that I could achieve anything on my own. Absolutely anything. My dad encouraged me to find a job I loved, whether out of passion or because it paid the bills. My dad said: ‘whatever you want to be, you’ll be, and I’ll be proud of you.’ When I was still a very young child, my dad would tell me about his job – he was a maintenance engineer –, telling me not only that I could do it, but that I could do better than him; that I could become an engineer, a researcher, understand thing he couldn’t even fathom. Because my dad thought I was clever, and better than that, he did say it to me. He allowed me to reach this absolute certainty: that I could be a doctor, a surgeon, a lawyer, a professor, a bookseller, a librarian, an astronaut (I’m not kidding), an oceanographer (yep, still not kidding)… If you think that’s just a matter of social mobility, the common story of a dad who wants his daughter to eventually reach a different class, you’re wrong. My dad couldn’t have cared less… I’ve had this incredible luck (I wish it was ordinary) of growing up in a family where both my parents – because yes, both my dad and my mom always assured me of this – have always said that they’d always be proud of me, whatever my job, status, and salary – or my non-salary, even, because they did tell me they would be proud too. My mom has been unemployed for a long time, and my dad showed the exact same respect for her and the days she had.) The only thing that mattered to them, was that I was happy with the job situation. Both my dad and my mum always said these sentences with the same pride to the people they knew: ‘my daughter is currently doing her PhD’, ‘my daughter currently works at Tesco’s deli counter’, ‘my daughter is currently a cleaner’, ‘my daughter is currently finding it very hard to find a permanent post’. What more could I have wanted? Nothing. Don’t worry, I wanted nothing more, about this specifically I mean.

Though one day, I had to address this with my dad: ‘it’s funny, isn’t it, how it’s always been obvious to you that I should work and be financially and socially independent.’ Since it was too obvious to him, at first he didn’t really get what I was on about. So I explained further, saying how he’d never encouraged me to rely on a husband’s salary (of course I’d have to be heterosexual, don’t push it…). Worse: he explicitly said things like: ‘if you can avoid relying on a man, don’t rely on a man!’ ‘Put your life before your husband’s. You are you, stay yourself.’ ‘Be clear about what you want, you have the right to be ambitious.’ ‘If your husband is upset because you earn more than him, he’s the one who’s 100% wrong, not you.’ ‘Don’t ever let your husband forbid you to do something.’ ‘A man has no right to decide for you.’, etc. I mean, is that really the kind of stuff a 13-year-old is regularly being told? Then he had to explain himself, and explain he did. He explained how real the pressure would be, because I was a woman, and that he’d been forced to realise how real it was around him. That he wanted to do everything he could so that I was convinced of my own worth. Of course, this started to tear apart that whole stupid propaganda about female drivers, but that’s another story, one I cannot sum up here in one paragraph.

On the other hand, the fact that my mom had quit her job for us, their three kids, got me thinking. ‘What about that, then?’, I’d ask my dad. I had to, since before having us my mom used to work as a data entry clerk, and she liked it. That’s when we discussed the conversations she and he had, the ones thousands of parents must have every day because childcare is costing them almost all of their salary, if not more – which is definitely the case in England, where I live. They had to make a decision. Of course tradition and social pressure did have an impact. My dad often told me he’d have liked to be a stay-at-home dad. But that he couldn’t accept the image he’d have had about himself: that of a man who don’t provide for his family. I said: ‘How about providing emotionally? How is it always about money?’ His answer was always the same: ‘Sure, that’s true, but it wouldn’t have felt right.’ Obviously, we talked about patriarchy. And obviously, among the men I talked to, my dad was one of the first ones to get that feminism frees both women and men. That it’s a movement to reinvent it all.

This context at least prevented my dad from ever being one of those guys who think that a stay-at-home mom ‘doesn’t do shit all day’. My dad said sexist stuff, but he never said that, or I’ve never heard him say that. To him, being a housewife was a job, and a job just as deserving as any other, a job unfairly discredited. He didn’t glamorise it, though, as in: ‘that’s the most beautiful job for a woman’. That’s what I liked about career-related encouragements from my dad: being a housewife, if that was what I wanted, was just as respectable as working in a factory or be a neuroscientist. No more and no less.

How could a sexist ideology be built on all this? How was it possible to hear the biggest macho cliché, followed ten minutes later by explicit encouragements about always being who I wanted to be? It wasn’t just about work, far from it. My dad repeatedly told me so many things which made me stronger: ‘You wear what you want to wear, if men aren’t happy, that’s their problem, they can look the other way!’ ‘What do you mean ashamed of your body? Because of whose gaze? Men’s gaze? Forget about that, you don’t owe them anything!’ ‘Nobody has the right to touch you if you don’t want to be touched by them. Talk to me, I’ll believe you and will stand up for you, always.’ ‘If this guy puts you down, it’s only because of his own inferiority complex. Don’t worry, guys who need to do that are pathetic.’ I had ambitions, for instance being a writer one day. My dad did more than just respect them, he believed in them. He’d say: ‘yes, one day, you’ll be a writer.’ He didn’t say: ‘Careful! It’s really hard, you know, being a writer…’ He knew that social and financial circumstances would teach me all of this soon enough. He would just carry me way above pessimism, so much so that at times, I forgot how difficult it could be. My studies are the perfect example of this. I have never doubted, not once in my life, that my parents would help me for that, that they’d give me and my brothers the exact same opportunities. I had never questioned my right to education.


So there you go, life really takes the piss. You can have a dad that’s both a patriarch and a feminist-in-the-making. I’ve already said it elsewhere, my dad made me a feminist twice: firstly, by being one of these sexist people, sadly, who treated me unfairly, and made me angry enough for a lifetime. Secondly, by giving me all the strength, confidence and tools I needed to beat the shit out of patriarchy.

Many of these contradictions are a result, as one can expect, of ‘benevolent sexism’. I’ll discuss it here later, because man, did we discussed it, my dad and I. But on that point I want to be clear: my dad has been a lifelong ally, eventually by my side in any fight I wanted to fight. That’s one of the very selfish reasons I miss him so damn much. Because I benefited from his indestructible support. Because every time I collapsed, exhausted, he would do better than help me get back up again. He would stay, by my side, patiently, until I got back up on my own. And he’d told me: ‘we’ll move whenever you’re ready to walk again. So we can keep going on, together.’

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